Bretzelsonndeg

 

Bretzelsonndeg, une tradition… bien luxembourgeoise !

Il fait partie de ces coutumes que j’affectionne particulièrement, parce qu’il mêle l’histoire à la culture, le souvenir à l’art de vivre, la tradition au plaisir des papilles. Le Bretzelsonndeg est bien moins anodin qu’il n’y parait. Car au-delà de cette tradition bien sympathique, c’est toute une pensée, celle des générations qui nous ont précédés, qui se dissimule sous ce délicieux Bretzel aux amandes que l’on voit éclore sur tous les étals des boulangers du Grand-Duché aux alentours de la fin mars.

 

Le « Dimanche des Bretzels » est né à une époque où Tinder n’existait pas. Bien avant le 3615 Rencontre sur le minitel. Bien avant que naissent les mots flirt, drague et ceux fébrilement rédigés, sur le morceau déchiré d’un cahier d’écolier, que le copain coursier était sommé d’aller glisser entre les doigts de l’élue. Le Bretzelsonndeg est né à un âge, sinon d’or, au moins brillant, duquel on peut regretter la galanterie glorifiée, la valeur exagérée que l’on attribuait à la bienséance, à la vertu exacerbée, à cette époque on l’on allait doucement, dans les choses de l’amour. Les meuf, keum, mec, copine et autres PQR à la signification des plus poétiques, n’existaient pas. A la place, des amoureux, dulcinées, fiancés et bien-aimées. Avouez que c’est quand même amplement plus charmant, non ? Et ces jeunes amoureux, timides à souhait, délicats et sensibles, s’approchaient prudemment en risquant… un bretzel. Ça vous fait sourire ? Moi aussi, je l’avoue, mais c’est un sourire attendri qui se lit sur mes lèvres, car je trouve cela touchant. Je les imagine, ces jeunes gens, s’offrir un morceau de pain brioché, tremblant d’entendre le verdict : oui, ou non ? Et la patience, nos aïeux la connaissaient : pour avoir la réponse, il fallait encore attendre plusieurs semaines.

En effet, le Bretzelsonndeg a lieu le 4ème dimanche du carême et les règles sont les suivantes : ce jour là de l’année (vous noterez qu’il faut saisir sa chance) l’homme offre un bretzel à l’élue de son cœur. Si cette dernière consent à entamer une relation moins strictement amicale, elle lui offrira à son tour des œufs le jour de Pâques. En revanche, si elle préfère en rester là, elle lui remettra un panier, ce qui a donné une expression luxembourgeoise dont vous devinerez le sens : « Kuerf kréien » (recevoir un panier). Et preuve que le Luxembourg est pionnier dans de nombreux domaines, la tradition voulait que les années bissextiles, ce fut les demoiselles qui se risquent au bretzel. Une année sur quatre, on n’est pas encore à la parité totale, mais tout de même, il faut reconnaitre une certaine modernité !

Vous ne l’aviez peut-être pas remarqué, mais leur forme reprend celle des bras enlacés, à l’image de ceux des amoureux. Autrefois salés, les bretzels que l’on trouve aujourd’hui recouvrent plusieurs glaçages : praliné, sucre-glace, noisettes, mais le plus courant reste celui aux amandes effilées. Je vous en laisse une recette, testée et approuvée par l’élu de mon cœur qui a quant à lui, trouvé autre chose qu’un bretzel pour me séduire, mais c’est une autre histoire !

Entre le râteau français et le panier luxembourgeois, je conclurais en restant dans le jardinage, en empruntant à notre ami Voltaire, une bien jolie image : « il faut cultiver notre jardin ».

 

Recette de biscuits-bretzels

Pour fêter comme il se doit cette jolie tradition, je vous propose non la recette traditionnelle des délicieux bretzels aux amandes, mais une alternative accessible aux enfants : des biscuits moelleux qu’ils pourront faire eux-mêmes. C’est une recette très facile, ludique et dont la cuisson est très rapide.


Ingrédients :

Pour 10 bretzels

  • 400 g de Farine
  • 200g de beurre
  • 90 g de sucre roux
  • 2 œufs
  • ½ cuillère à café de levure chimique
  • Pour la garniture : graines de pavot, graines de sésame, sucre glace, noisettes grillées en morceaux, chips de bananes, copeaux de coco, gros grains de sucre, cacao en poudre, pépites de chocolat, amandes effilées, graines de courges…
Recette :
  • Faire ramollir le beurre.
  • Tout mélanger jusqu’à obtention d’un pâte homogène (elle ne doit pas coller et s’effriter légèrement).
  • Séparer la pâte en 10 portions égales et les rouler en boudin puis former les bretzel sur du papier cuisson.
  • Cuire environ 10 minutes à 180°C.

 

Commentaires

  1. Florence says:

    Merci de partager l’histoire et la recette des bretzels! Je n’attendrai probablement pas l’année prochaine pour me mettre au fourneau 😉

  2. Catherine says:

    je vais essayer ! merci

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