L’origine des œufs de Pâques

D’où vient l’œuf comme symbole de Pâques ? Qui de lui ou de la poule est arrivé le premier dans cette tradition vieille de… combien de temps au fait ?

Si Pâques fête aujourd’hui surtout le dieu Consommation, n’oublions pas que l’origine de cette fête est doublement religieuse. La Pâque juive célèbre la fuite d’Egypte et la traversée de la mer Rouge par Moïse (« Pessah » en hébreux signifie « passage ») et donc, la naissance d’Israël en tant que peuple. Les fêtes de Pâques chrétiennes célèbrent quant à elles la résurrection de Jésus.

Pâque -ou Pâques- est donc le souvenir de deux passages : celui de Moïse en terre sainte et celui du Christ de la mort à la vie.

La vie de nos ancêtres, bien plus que la nôtre, était rythmée par d’innombrables traditions, coutumes et rites. Je me suis aperçue à quel point c’était le cas lors de la lecture, il y a quelques années, du livre de Jean-Louis Beaucarnot, « Comment vivaient nos ancêtres ». A une époque où il n’y avait ni télévision, ni internet, ni les moyens de communication ou de transport que nous connaissons aujourd’hui, une superstition mêlée de religion habitait autant les esprits que les maisons et structurait le calendrier. Des périodes de jeûne et de repentir succédaient aux festivités. Certaines traditions se sont effacées en même temps que les siècles, d’autres ont su traverser le temps : mardi gras, la chandeleur, la toussaint, Pâques, Noël, l’avent, l’épiphanie, la saint Valentin…

Mais revenons à nos œufs. Pâques était donc autrement plus religieux qu’aujourd’hui et le carême était bien plus assidument observé par nos aïeuls que nos contemporains. Il n’était pas question de ripailler et tout aliment jugé trop festif était proscrit. A l’époque, ces aliments en questions ne s’appelaient ni foie gras, ni huitres, ni Saint-Jacques, ni champagne. A l’époque, étaient considérés comme aliment de fête, la viande ou… les œufs ! Le carême démarre le mercredi des cendres, soit le lendemain du mardi gras (encore une tradition intéressante !) et se termine le dimanche de Pâques, c’est donc sur de longues semaines qu’il s’étend, pendant lesquelles, dans les poulaillers, les œufs s’entassent sans être ramassés. Le jour de Pâques, ils sont de nouveaux autorisés et ça tombe bien : on en retrouve en quantité ! Si bien qu’on les distribue, qu’on les offre, qu’on les répand et qu’on les intègre dans une foule de recettes.

Comme c’est le cas pour de nombreuses traditions, l’origine des œufs de Pâques est multiple et peut trouver d’autres explications. L’œuf questionne sur l’origine du monde. Il est aussi lié à la renaissance de la nature, des arbres, de la vie. Dans l’Antiquité, il est le symbole de la fécondité et fait partie de rituels païens liés au retour du printemps. Mais c’était aussi un symbole de mort. On a ainsi retrouvé des œufs dans des tombes sumériennes, attestant de leur impact sur la question de vie éternelle.

A la renaissance, on apprécie les œufs décorés, d’abord en rouge, comme référence au sang du Christ versé pour nous. Puis on les peint en plusieurs couleurs. Il paraît que Louis XIV les appréciait dorés à la feuille d’or, ce qui ne semble pas impossible si l’on connaît un peu le goût immodéré du faste chez ce Roi-Soleil étincelant. Mais c’est surtout un certain Monsieur Fabergé qui, à la fin du XIXème siècle, donne à l’œuf de Pâques tout son prestige, en créant, à la demande du tsar Alexandre III, des œufs en or massifs sertis de pierres précieuses.

Et puis, de l’or massif, on est passé au chocolat. J’ignore lequel est mieux, mais le chocolat fait moins mal aux dents !

 

 

 

 

 

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